La croissance chinoise ralentit à 4,5% au quatrième trimestre

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L’économie chinoise a perdu de l’élan au quatrième trimestre, avec une croissance retombée à son plus bas niveau depuis près de trois ans. L’affaiblissement de la demande intérieure, combiné à une correction immobilière prolongée, continue de peser sur l’activité. Dans le même temps, la croissance annuelle a atteint l’objectif officiel, soutenue par des exportations résilientes et un excédent commercial record qui a compensé une partie des fragilités domestiques.

Les données officielles indiquent que le PIB a progressé de 4,5% au quatrième trimestre, après 4,8% au trimestre précédent. Il s’agit de la lecture la plus faible depuis début 2023, ce qui illustre la difficulté à enclencher une reprise interne durable dans un contexte de surcapacités, de pouvoir de fixation des prix limité, et de faiblesse persistante de l’immobilier.

Sur l’ensemble de 2025, la croissance a atteint 5%, en ligne avec la cible d’environ 5%. Cela suggère que l’appui des exportations et un soutien politique ciblé ont permis de maintenir la trajectoire globale, malgré des signaux plus contrastés du côté de la consommation et de l’investissement.

Les chiffres de décembre confirment une faiblesse de la demande des ménages

Les indicateurs de décembre mettent en évidence un déséquilibre. Les ventes au détail n’ont progressé que de 0,9% sur un an, en deçà des attentes (1,2%), et en ralentissement par rapport à novembre (1,3%). C’est la plus faible croissance des ventes au détail depuis fin 2022, ce qui renforce l’idée que les ménages restent prudents et que la reprise de la dépense demeure irrégulière.

La production industrielle a, en revanche, un peu surpris favorablement, avec une hausse de 5,2% en décembre, au-dessus des 5% attendus, après 4,8% le mois précédent. Cela suggère une stabilisation du rythme manufacturier, en partie soutenue par la demande externe et par la robustesse de l’offre.

L’investissement continue toutefois de se dégrader. L’investissement en actifs fixes a reculé de 3,8% en 2025, pire que la contraction de 3% anticipée. L’investissement en promotion immobilière a chuté de 17,2% sur l’année, aggravant la baisse de 10,6% observée en 2024. La persistance de ce recul confirme le rôle central du secteur immobilier comme frein, avec des effets d’entraînement sur les filières industrielles, les finances locales, et le sentiment des ménages.

Le taux de chômage urbain s’est établi à 5,1% en décembre, inchangé. Malgré cette stabilité apparente, l’incertitude sur le marché du travail continue de limiter la confiance et la propension à consommer.

Un soutien de plus en plus porté par le commerce extérieur

Le fait marquant de 2025 est la contribution élevée de la demande externe. L’excédent commercial a atteint près de $1.2 trillion, un record historique, alimenté par la progression des exportations vers des marchés hors États-Unis, à mesure que les entreprises diversifient leurs destinations. Cette dynamique a permis de soutenir la croissance et de retarder des mesures de relance plus massives, au profit d’actions plus ciblées.

Selon des indications officielles, les exportations nettes ont représenté près d’un tiers du PIB en 2025, tandis que la consommation a contribué à hauteur de 52% de la production. Cette composition accroît la sensibilité de l’économie aux chocs externes et augmente la probabilité de réactions défensives chez certains partenaires commerciaux, dans un contexte de critiques croissantes sur l’ampleur du surplus.

Les risques commerciaux demeurent élevés. L’administration américaine a évoqué la possibilité de mesures tarifaires supplémentaires liées à des enjeux géopolitiques, et un apaisement temporaire des tensions bilatérales doit expirer plus tard cette année. La taille de l’excédent alimente également des pressions politiques et industrielles dans d’autres économies, susceptibles de se traduire par de nouvelles barrières.

Beaucoup d’économistes estiment que ce schéma n’est pas viable à long terme. Lorsque l’investissement recule et que la consommation reste faible, les exportations deviennent le principal amortisseur. Cela peut préserver la croissance à court terme, mais accroît la vulnérabilité aux frictions externes et retarde une rééquilibrage durable vers la demande intérieure.

Des signaux déflationnistes toujours présents

Les prix envoient un message ambigu. L’inflation des consommateurs a accéléré à 0,8% en décembre, mais les prix à la production ont reculé de 1,9%, prolongeant la déflation à la sortie d’usine. Plus largement, le déflateur du PIB reste négatif depuis 2023, ce qui indique que la faiblesse de la demande et les surcapacités continuent de peser sur le pouvoir de prix.

Dans ce contexte, la compression des marges, la modération salariale, et la prudence des ménages tendent à se renforcer, limitant les chances d’un rebond spontané de la consommation.

Les tendances du crédit confirment cette prudence. Les nouveaux prêts bancaires ont atteint un plus bas de sept ans, à 16,27 trillions de yuans (environ $2.33 trillion) en 2025, signe d’une demande d’emprunt limitée et d’une aversion au risque persistante dans le secteur privé.

Un assouplissement monétaire plus visible, mais une question de puissance

La banque centrale a récemment annoncé un nouveau paquet de mesures d’assouplissement du crédit, incluant une baisse de 25 points de base sur plusieurs outils de prêt et une hausse des quotas de programmes ciblant des secteurs prioritaires tels que l’agriculture, la technologie et les entreprises privées. L’objectif est de réduire le coût du financement et de soutenir une expansion du crédit plus sélective.

Les marchés s’attendent à des mesures supplémentaires au début de 2026, notamment une baisse du ratio de réserves obligatoires et une réduction modeste du taux directeur. Le débat porte surtout sur l’efficacité de mesures incrémentales : sans amélioration plus nette de l’emploi, des revenus, et de la confiance des acteurs privés, les ménages pourraient continuer à privilégier l’épargne et les entreprises à différer leurs investissements.

Conclusion

Le ralentissement du quatrième trimestre à 4,5% montre que l’atteinte d’une cible annuelle ne signifie pas nécessairement une reprise interne solide. Les exportations restent un pilier majeur, tandis que la consommation et l’investissement demeurent fragiles sous l’effet de l’immobilier et des pressions déflationnistes. L’enjeu de 2026 sera de transformer l’assouplissement ciblé en amélioration plus convaincante de la demande intérieure, de l’appétit pour le crédit, et de la confiance du secteur privé.

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